Pourquoi le café des communistes est-il si mauvais ?

Avant de commencer la lecture de cet article, et afin d’éviter que vous ne le fuyiez déjà, l’air indigné, nous vous conseillons d’avaler un cachet de ce fameux antibiotique qui fit ravage en novembre dernier : le Padamalgam. Vous pourrez ainsi appréhender ce texte avec calme et ouverture d’esprit.

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Le remède du siècle – jeuxvideo.com

Car non, malheureusement, cet article ne sera pas, comme vous auriez pu l’attendre, un pamphlet polémique contre les communistes. Le titre n’était en fait délicieusement tourné que pour une seule raison : générer des clics, et donc des lectures, et donc de l’argent.

Mais pourquoi un café aurait-il le malheur d’être communiste ? Est-il possible, déjà, qu’un café puisse être doté d’une quelconque idéologie ? Peut-on imaginer un mocaccino qui aurait décidé d’accrocher des posters de Jean-Luc Mélenchon dans sa chambre, qui dormirait dans des draps aux couleurs de la défunte URSS et qui se rendrait tous les jeudis après-midis à Bellecour pour lancer des pavés aux CRS ? Existe-t-il alors, au contraire, un cappuccino renfrogné, qui marmonnerait dans son coin en regrettant avec nostalgie le bon vieux temps des percolateurs ? Ou même, pourquoi pas, un expresso hargneux qui n’attendrait plus que 2017 pour bouter hors du distributeur ce café à la vanille dégueulasse que personne n’aime ?

Dans un étrange monde parallèle, ces questions mériteraient d’être posées.

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Florian Philippot, une pinte à la main – newswire.ca

Trêve de bavardages. Le café des communistes n’est pas un café aux cheveux gras, mais simplement le café que l’on trouve ici, sur les hauts du Forum du campus Porte des Alpes de Lyon 2, et qui doit son nom au QG des communistes qui se tient non loin. Et, effectivement, les distributeurs qu’on y trouve rendent un café abject et fade, brûlant la langue lorsqu’il est servi à ras bord et emplissant pendant de longues heures le palais d’un sale arrière-goût de traumatisme d’après-guerre civile russe.

Cependant, vous l’avez compris, le fait est que nous pourrions remettre en question le goût de n’importe quel café de l’Université. Les vieilles machines qui ne rendent pas la monnaie et qui offrent un café grand-mère au sens littéral du terme, les distributeurs sophistiqués qui ne reconnaissent la carte Izly qu’une fois sur quinze, ou encore les ignobles engins dont la vitrine dégoulinante de café froid ne manque jamais de coller les doigts : rien que par les apparences, on peut arriver à douter de la qualité du café.

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Le point de départ du Nouvel Ordre Mondial – Kevin Masseteau

Toutefois, notre problématique ne change pas : pourquoi le café de l’Université est-il si mauvais ?

La Giclée a donc interviewé pour vous, sans se tâcher, le mystérieux ouvrier qui rôdait autour des machines, et qui semble être à l’origine de notre empoisonnement collectif.

La Giclée : Bonjour monsieur.

Chauve Inconnu : Bonjour. (air méfiant)

LG : Ne tournons pas autour du pot. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi le café de l’Université est si mauvais ?

CI : Il est si mauvais que ça, vous trouvez ? Moi, je trouve qu’on s’habitue au goût, avec le temps. Il y a toujours ce goût d’eau chaude, bien sûr, mais il a plusieurs propriétés bénéfiques pour la santé, comme celle de lustrer la peau du crâne, ça me donne un air plus…

LG : Parlons-en, de ce goût d’eau chaude. Ne serait-ce pas parce que vous dosez mal l’eau chaude dans les machines que ces cafés sont mauvais ?

CI : Je… Je ne comprends pas. Vous savez, je ne suis pas ouvrier, je suis professeur, et conférencier, et chercheur. J’ai même écrit des livres, si vous voulez bien m’en acheter un… (commence à sortir un épais dictionnaire de sa valise)

LG : Euh… Merci, monsieur, mais ça ira. Bonne journée, merci d’avoir répondu à nos questions.

Déterminés à trouver la raison mathématique du goût affreux de ces cafés malsains, nous nous sommes rabattus sur une analyse scientifique. En voici les résultats approximatifs, l’éprouvette ayant fondu au contact de l’ignoble breuvage :

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Voilà donc qui résout de manière irréfutable notre question : c’est en fait le taux trop élevé de galette-saucisse dans nos cafés (7% au lieu du taux réglementaire de 6.25%) qui lui donne ce goût si relevé. La supercherie étant enfin révélée au grand jour, il ne reste plus à espérer que l’Université agisse rapidement pour ramener ces taux à la normale.

L’équipe de La Giclée est particulièrement fière d’avoir réussi à mettre à jour ce complot et vous donne rendez-vous à une fois prochaine, pour de nouvelles investigations juteuses.