Reportage : l’influence du petit D.E.J. sur les jeunes

29 septembre 2016. 15h02. Un groupe intitulé « Etudiants Université Lyon II 2016-2017 » fait son apparition sur Facebook, prenant la place du groupe « Etudiants Université Lumière Lyon 2 ». Les quelques 9200 membres de l’ancien groupe se retrouvent alors réduits à 1155, paradoxalement sous de nombreux applaudissements virtuels et remerciements d’étudiants de tous domaines. La Giclée a voulu, au travers de cet article, élucider les raisons d’un tel chambardement qui en a laissé plus d’un la bouche ouverte et lubrique.

Ce qu’on peut remarquer avant tout, c’est l’extrême diversité de contenu dans l’ancien groupe étudiant : des statuts studieux, des invitations à des soirées, des ventes de portables volés, des anecdotes variées, de la propagande pour des organisations étudiantes, des cartes de géographie, ou des propositions de location d’appartements. Des choses qui tournent, il est vrai, autour de la vie étudiante. Mais alors pourquoi partir d’un groupe si foncièrement étudiant et dynamique ?

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Ancienne page de couverture du groupe Facebook

Ce sont d’abord des tensions qui ont animé la page : des menaces, des conflits communautaires entre studieux et fêtards, des messages de haine, etc. Pour comprendre la raison d’un tel déchirement, il faut revenir à l’aube de cette nouvelle rentrée scolaire. On a vu réapparaître des gens perdus dans le campus de Bron, d’autres qui s’étonnent encore que le CROUS soit en retard dans le versement des bourses, des débats stériles entre macronistes et communistes – en quelques mots, du beau monde ! Une rentrée quasiment normale, si l’on peut dire. C’était sans compter nos amis les trolls, sortant de leur hibernation estivale, partis reconquérir les contrées internetiques et étudiantes.

Avant toute chose, il est peut être judicieux de définir ce qu’est un « troll ». C’est un freluquet, un couard, un vilain, un foutriquet, un avorton. C’est aussi ce qu’on appelle un blaireau. Cet article est donc un hommage à tous les « blaireaux » qui ont animé la page en ce début d’année. Avant tout, j’aimerais remercier celui sans qui cet article n’aurait sans doute pas vu le jour, celui qui fait vivre la page Facebook des étudiants de Lyon 2, celui qui fait maintenant partie du quotidien de centaines de jeunes universitaires, celui qui nous épate tous, Dorian Emin-Jeong, le Grand, le Vrai, l’Officiel. Vous savez, le chantre des « Grrr » sur les publications, celui que certains ont intitulé « Mister Soupière 2015 », celui qui illumine l’ancienne page étudiante de sa photographie de gloire en photo de couverture… Oui, c’est lui. Lui sans qui rien n’aurait pu être possible. Cette homme de l’ombre, très actif malgré son départ de l’université, n’en reste pas moins incompris par la majeure partie des membres étudiants : « pitoyable » peut-on lire par ici, des propositions de séances de psy par là, ce qui a mené à un véritable développement du lobby Dorian.

A vrai dire, jusque-là, la Giclée se fichait pas mal des problèmes des groupes étudiants de ces derniers temps. Et pourtant, quelques jours plus tard, notre page Facebook obtenait son premier hater, Dorian Emin-Jeong lui-même. Quel honneur. Quelle resplendissance ! Après une soirée de murge pour fêter ça, nous avons décidé de rencontrer l’homme qui a bouleversé des centaines d’âmes, rue de la Gerbe dans le 2ème arrondissement.

LG : Bien le bonjour, noble gueux. Ma première question sera simple : Pourquoi ?

DEJ : Haha

LG : Quel rapport avez-vous avec les interviews ?

DEJ : Grrr

LG – Que pensez vous de l’émergence de journaux comme La Giclée dans une faculté comme Lyon II ?

DEJ – Je pense que ça sert à rien, tout le monde s’en fout, on devrait les brûler.

LG : Autre chose à dire ?

DEJ – Non.

LG – Merci.

Une fois de plus, le génie de Dorian nous giclait à la figure en mettant en lumière le concept de troll d’une manière pertinente et concise. Nous avons fouillé par la suite dans les grimoires de l’internet et nous sommes tombés sur un second troll, moins connu mais qui fournit un travail tout aussi efficace (ce qui doit être salué), le « faiseur de cartes de géographie ». C’est dans de nombreux statuts studieux que l’on peut observer le phénomène à l’action : cartes du monde, cartes des Etats-Unis, de la Grèce pendant les années quarante, etc. Là encore, du beau monde. Et c’est là qu’est arrivé pour nous le déclic : un troll est quelqu’un qui éduque les autres esprits, qui les divertit, qui les manipule, mais qui avant tout, comme le dira plus tard Dorian Emin-Jeong, veut faire « un don, le don de soi pour la communauté ».

Et c’est là qu’on peut le dire haut et fort : #JesuisDorian.

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