Mephistofeles et vénérer Satan

Mephistofeles sont trois argentins et ils ont sorti leur premier album en Mai. L’album s’intitule Whore (pute en français, pour ceux qui ont encore un souci avec la langue de Shakespeare). Et comme tout bon groupe de la sorte qui fait à peu près bien son boulot, ils usent de sonorités crades et malsaines tout en restant groovy à souhait.

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Pour les non-initiés, Mephistofeles c’est du doom/stoner. Le doom c’est la musique du Diable. C’est de la musique dite « extrême » (èl-eau-èl), c’est un des sous-genres qui compose la grande famille du Metal. Ce sont des mélodies lentes et répétitives, et des notes basses, voire extrêmement basses pour certains (genre SUNN O))) pour les curieux). Pour les paroles, ça tourne autour de la sorcellerie, rites en tout genre, sacrifices, drogue, sexe, et des contrées imaginaires habitées par des sorciers fumeurs d’herbe qui ensorcellent les peuples à coups de riffs habités. La haine, la colère, le rejet de l’humanité et sa stupidité collective, et comment notre Terre est devenue une « Tombe à ciel ouvert » (Funeralopolis – Electric Wizard) font aussi partie des thèmes communément abordés. On y trouve des références à l’Occulte, des spéculations mystiques et spirituelles, des mentions à diverses divinités mythologiques et créatures inspirées de classiques littéraires.

Pour en revenir à ce premier album de Mephistofeles donc, on est plus du côté bon gros rock psyché qui tâche que du doom à proprement parler. Mais les influences sont indéniablement présentes ! Une demi-heure c’est court pour un album. On reste vite sur sa faim mais disons surtout que ça n’atteint pas la durée habituelle d’une Messe Noire et on n’aura sûrement pas le temps de finir les sacrifices entamés. Pas une seconde à perdre, on enfile les capes noires, on sort les bougies, les os, les recueils d’incantations et SURTOUT on branche les enceintes !

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Ça démarre avec un langoureux Black Sunday. Ça prend forme en puissance avec Whore. Puis arrive Kill Yourself, et les amateurs du genre comprendront le très évident clin d’œil à Electric Wizard (pour les autres, tant pis). Pas le temps d’y penser à deux fois que le pentagramme est déjà tracé au milieu du salon et les photos de Cyril Hanouna et Christine Boutin encerclées de bougies noires prêtent à être frappées des pires malédictions. Drug Addict atteint des sommets et explose littéralement le score en terme d’intensité et de violence. Le morceau idéal, un riff menaçant et répétitif et des paroles crachées sous un effet saturé au max. Autre élément accrocheur de l’album : les basses d’Ismael Dimenza. Le son est percutant à chaque note pressée sur le manche de sa basse et c’est audiblement frappant dans Evil BeautyEvil Beauty pourrait d’ailleurs être considéré comme un des morceaux les mieux réussis de l’album : chargé d’un hypnotisme et d’un magnétisme qui atteignent leur paroxysme sur le solo final. Le dernier sort est jeté et le sorcier de la Meth vient déjà apporter l’avant-dernier fix (Wizard of Meth). Nous voilà guidés par un rythme calme et une mélodie frénétique jusqu’à Cursed to Death qui vient clore la Messe Noire.

Il est déjà temps d’enlever sa cape, d’aller se démaquiller et se laver le visage tâché de sang. Whore est un album efficace, et parfaitement mené pour un premier jet de la part du trio Argentin. Finalement, le doom c’est rendre attirant, séduisant et presque sexy ce qu’il y a de plus sombre et de plus mauvais chez l’être Humain. Tout ça à coups de riffs onctueux, de rythmes violents et de sonorités espiègles. Et l’objectif est parfaitement atteint pour Mephistofeles !