Cézanne et Moi : Au lit et puis dodo

 

Une fois n’est pas coutume, pour me sortir de cette torpeur propice au cocooning dans laquelle j’avais sombré (ro) depuis les attentats de Nice, je suis allé au cinéma. J’ai acheté du pop-corn et me suis étalé sur trois sièges : prends ça dans les dents Daesh. #Notafraid
Si on ne lit que la fin du titre (ce qui arrive souvent), on pourrait croire que ce film est la suite prequelo-remaker à l’emporte-pièce de Marley et Moi, super bon film de 2006 dans lequel on suit les pérégrinations amoureuses de Owen Wilson, Jennifer Aniston et un labrador porté sur la chose.
Mais non, mon COUILLON ! Cézanne et Moi fait bel et bien écho à la relation tumultueuse mais néanmoins ô combien universelle du peintre Cézanne (à ne pas confondre avec Picasso) et de l’écrivain Zola (à ne pas confondre avec Picasso), lequel – SPOIL – n’arrêtait pas de mélanger ses pinceaux avec des seringues usagées, utilisées par des enfants sidaïques et héroïnomanes (ceux de Kids United)

Le film commence par une pub pour des bonbons. Après y’a une pub pour des voitures de location, une bande-annonce pour Jappeloup 2 et là une pub qui nous conseille de vérifier si notre voisin de gauche n’est pas en burkini et pis finalement y’a Mouss Diouf (fondu-au-noir en langage de la rubrique culture de Valeurs Actuelles).

Le film prend finalement son envol comme la courbe de tes yeux qui fait le tour de mon cœur plein de cholestérol puis on a le droit à un caméo G-E-N-I-A-L de Guillaume Canet. Il s’avère que le caméo de Guillaume Canet dure un peu trop longtemps mais heureusement devinez qui on trouve dans le contre-champ pour lui faire la bite : Guillaume Française de la Comédie Gallienne.
C’est à ce moment que j’ai dit BANCO.

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Quand j’entends chanter Jean-Luc Mayaud

Tout le génie de la réalisation diachronique de Danièle Thompson tient dans cette sémiotique brûlante de l’affrontement de ces deux génies: Cézanne et Zola, Gallienne et Canet, Guillaume contre Guillaume, Copé contre Sarkozy. Cette quadruple confrontation, à 120 ans d’intervalle, questionne les fondements de l’identité française : Qui est le peintre ? Cézanne, Thompson ou le pinceau ? La toile blanche, assurément ! aurait répondu Galabru, s’il n’était pas mort.
Quid de la place des femmes dans le film ? Aucune ! On reconnait bien là la force des cinéastes rive gauche, de surprendre à droite. Voilà enfin un film français où les personnages féminins sont relégués au second plan, sans aucune autre ambition que de servir avec fierté le mâle alpha du film. Grandiose, original et supplément lardon.

Désolé, aucun cinéma autour de Schiltigheim (67300) ne projette ce film.