Regarder des bonnes séries

Mais sérieusement c’était une grosse daube, Vinyl.

Cet article s’adresse à toi, amateur de bingewatching et de culpabilité crasse. Qui te retrouves, malgré toi, affalé, à 3H37 du matin, dans une position absurde. Ça fait ressortir ton quadruple menton, digne d’un politicien diabétique et tu as honte quand tu jettes un œil à ton reflet, sur l’écran.

J’ai pour toi une liste de bonnes séries qui te feront moins culpabiliser quand tu les regarderas (mdr les transitions) :

The Leftovers

par Daemon Lindelof et Tom Perrotta (débutée en 2014)

Honnêtement, t’es pas prêt. Le casting est exceptionnel, la bande-son surprenante, et plus généralement, le principe très bien exploité : que se passe-t-il quand 2% de la population mondiale disparaît d’un seul coup, sans laisser de traces ?

Pour moi, cette série n’appartient pas à un « genre » en particulier : ni réellement post-apocalyptique, ni vraiment policière, et un peu les deux à la fois. Elle est en fait centrée sur le développement de ses personnages, auxquels aucun cadeau n’est fait. Chaque intrigue est développée autour de leurs doutes, de leurs peurs et de leurs convictions, avec une forte tendance à appuyer là où ça fait mal. Mais mon affection sans limites pour cette série vient de l’intelligence avec laquelle elle aborde son public, la façon dont elle fait cogiter sans être dans un mindfuck total.

Deux saisons sont déjà sorties et la troisième est à priori pour la fin de l’année, sur un format d’une dizaine d’épisodes (donc idéal à bingewatcher, mais je recommande de se limiter à un ou deux épisodes à la suite).

Black Mirror

par Charlie Brooker (débutée en 2011)

Black Mirror rassemble 3 saisons dont chacun des 6 épisodes présente un scénario dystopique sur le thème des nouvelles technologies. Encore une fois, le casting est souvent très bon, et les intrigues originales et bien ficelées. Mais l’efficacité de Black Mirror repose sur le parti pris d’aller toujours plus loin : à chaque épisode, les limites du malaise sont repoussées, sans trop verser dans la culpabilisation. Les bonnes questions sont posées et exploitées avec cynisme et froideur, mais la maîtrise des intrigues permet de ne pas plonger le spectateur dans un désespoir sans nom, comme certains films l’ont fait (Lars Von Trier you da real MVP).

Pour la 3ème saison, la production, à l’origine tenue par Channel 4, revient à Netflix, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle : le public va s’élargir mais Black Mirror va perdre un peu en substance, ce qui fait des deux premières saisons les meilleures, dans la catégorie « série dystopique ».

Top of the Lake

par Jane Campion et Gerard Lee (débutée en 2013)

Tournée en Nouvelle-Zélande, cette courte série policière de 6 épisodes retourne le cerveau bien proprement : l’intrigue bien exploitée et brillamment construite est menée par des acteurs bien dirigés. L’atmosphère, très sombre, est parfois mise de côté pour de brefs moments d’émotion mais tu vas très vite déchanter, et c’est très bien comme ça. Pas de bons sentiments ou d’émotions à paillettes, les sujets abordés par les scénaristes sont authentiques et (honnêtement) déprimants. L’élément qui tranche avec la violence psychologique de la série est le questionnement abordé par des personnages plus « alternatifs » ainsi que leurs relations à l’héroïne (et je vais pas spoiler non plus). Parfaite pour le bingewatching, mais si tu décides de tout regarder d’un coup, tiens toi loin des fenêtres et des objets coupants. D’après l’interweb, une seconde saison est prévue pour 2017, dans laquelle Nicole Kidman aurait un rôle, et même si je m’en tamponne allègrement le coquillart de Nicole Kidman, j’ai hâte pour la deuxième saison.

Scrubs

par Bill Lawrence (débutée en 2001)

Alors là par contre, t’es totalement prêt. Tout le monde est prêt pour cette série car OUI, c’est une série COMIQUE. Tu m’as bien lue. On change de registre, et aussi de format avec 9 saisons et beaucoup d’épisodes. Je t’avoue que je ne suis pas allée jusqu’au bout, mais j’ai bien dû regarder jusqu’à la saison 6, ce qui représente tout de même 139 épisodes, si mes calculs sont bons (j’en doute). Dans tous les cas, Scrubs, c’est génial parce que c’est original, drôle ET intelligent, et en plus ce n’est pas redondant comme d’autres sitcoms peuvent l’être, je n’en citerai aucun (Friends, How I met your mother). La série suit les mêmes personnages qui (Ô joie) se suffisent à eux-mêmes car leurs histoires respectives sont intéressantes et progressent  à la fois ensemble et indépendamment. De toutes les séries sorties sur le sujet (c’est-à-dire le monde médical), Scrubs est celle qui me paraît être la plus honnête, et par conséquent la plus drôle et touchante, parfois triste, mais chaque scène est justifiée d’un point de vue intellectuel. De manière générale, je préfère la VO sous-titrée, mais pour Scrubs, elle est carrément obligatoire parce que l’humour, parfois subtil, n’est pas toujours bien traduit. Et la VF est mauvaise.

Si le goût t’en dit, tu peux maintenant procrastiner tout en faisant travailler tes neurones. Merci, c’est tout pour moi.