Osez être créateur #1 : interview de Mégane Cottin

Vous l’avez sans doute remarqué, mais ce qui nous importe à La Giclée, c’est votre culture, musicale comme cinématographique, sociétale comme littéraire, etc. C’est dans la même dynamique que nous vous avons voulu, dans cet article-interview, vous convaincre que si vous avez des idées de projets, il est aussi possible de les réaliser. Nous avons donc interviewé une ancienne étudiante de Lyon 2, passionnée de dessin et de peinture, qui a bien voulu répondre à nos questions toutes plus originales les unes que les autres.

Toutes les photographies des peintures proviennent du site de l’artiste : meganecottin.wixsite.com/fireflyer/

 

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Mégane Cottin, notre invitée

LG : Quel est ton nom ?

MC : Mégane Cottin.

LG : Pourquoi avoir choisi la peinture ?

MC : Je n’ai pas choisi la peinture, c’est la peinture qui m’a choisie.

Non je déconne.

Pour tout dire, c’est vrai que je ne l’ai pas « choisie », dans le sens où c’est davantage un support parmi d’autres, un moyen poser des formes et des couleurs sur une surface plane.

Je ne peins pas depuis très longtemps, à la base je suis plus dans le dessin. J’ai aussi pas mal travaillé sur tablette graphique, je pense que ça m’a également poussée dans ce sens. C’est un peu comme un prolongement de tout ça, avec son lot de nouvelles techniques que je commence à peine à effleurer !

LG : Quelle joie trouves-tu dans la peinture ?

MC : En fait je ne sais pas. C’est quelque chose que j’aime bien faire, ça c’est sûr, mais expliquer pourquoi c’est compliqué.. C’est un peu comme si je te demandais pourquoi tu aimes le reblochon : pas si simple de construire une réponse, à part que tu aimes ça !

Si, à la rigueur le sentiment de joie (comme je le perçois du moins) peut venir après, lorsque je suis contente de mon travail – et c’est pas toujours le cas…

C’est le plaisir d’avoir eu une image qui te plaisait en tête, et de l’avoir jetée sur une toile comme pour vérifier si elle te plaisait vraiment. Et lorsqu’elle te plaît, effectivement, c’est la joie.

C’est la différence avec le reblochon.

 

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Regard bleu

LG : Que dirais-tu à ceux qui ont des projets et qui n’osent pas ?

MC : Quand on veut on peut ! Il n’y a pas de projet sans audace ! (la dernière est de moi, j’en suis la première navrée)

Non, là encore il y a un peu plus à dire. D’abord, que je ne suis peut-être pas la personne la mieux placée pour prodiguer des conseils à ce sujet !

Je suis moi-même sur le point de me mettre à mon compte comme graphiste-illustratrice. ‘Sur le point’, donc tant que ce n’est pas fait, je ne sais pas ce que ça donnera une fois que j’y serai.

Ça peut très bien fonctionner (par là j’entends ‘fonctionner suffisamment pour que j’en vive pleinement’), mais je peux aussi me planter royalement, comment le savoir ?

Puis je crois que peu de projets nécessitent de tout plaquer et de se lancer à corps perdu, généralement ça n’empêche pas de suivre d’autres engagements, de travailler ou étudier à côté… Et si ça ne marche pas tant pis ! C’est nul mais ce n’est pas un drame non plus, il s’agit de prendre un peu de recul (oui c’est facile à dire, et je donne des conseils que je n’applique pas forcément moi-même. Mais je suis à peu près sûre qu’ils sont bons).

Ensuite, il faut dire que ce projet-là n’engage que moi, et ça va très bien à l’ours que je suis. Si je me goure, je n’entraîne personne d’autre.

Je pense que pour les projets collectifs ce n’est pas le même débat, car ils te donnent une responsabilité au sein d’un groupe, donc avant de faire une connerie, il faut que tu réfléchisses plus sérieusement à ses conséquences.

Quand tu bosses en solo, tu assumes !

(Là encore, c’est mon point de vue. Je ne suis pas forcément quelqu’un de très ‘collectif’, il s’agit seulement de trouver ce qui te va.)

Enfin, peu importe. Quand on a vraiment envie de faire quelque chose, la dernière chose à écouter, c’est sa peur. 

Il y a plein de projets qui ne se font pas par manque de moyens, par excès de pression extérieure…etc. Lorsqu’on n’y est pas soumis, il n’y a pas de barrière, parce qu’il n’y a pas vraiment de risque en fait.

Disons qu’on a encore cette chance de jouir d’une liberté certaine dans ce qu’on entreprend, ce serait dommage de ne pas la saisir.

 

LG : Ce qui n’est pas sans rappeler cette fameuse phrase « Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce ! On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher. » (oui, à La Giclée nous sommes cultivés) Mais essayons d’être plus synthétique, car nous sommes en train d’endormir notre lecteur. Ma prochaine question est la suivante : tu utilises entre autres une brosse à dents, pourquoi ?

Pour me brosser les dents. Coquin.

LG : Quel tact… Plus sérieusement, quel avenir vois-tu dans ton parcours de peintre et dans la peinture en général ?

MC : Techniquement, pour l’instant je travaille à l’acrylique et à la gouache sur des supports relativement petits, pour des raisons plus pratiques qu’artistiques, comme le temps de séchage, l’aération du lieu de travail (mon salon)…etc.

Je compte prochainement m’attaquer à de plus grandes surfaces et me former à d’autres techniques, notamment l’aérographe (ce qui, pour l’instant, s’apparente à peu près à un désastre).

Après, comme je te dis, je ne fais pas que de la peinture. Je bosse un peu à l’encre en ce moment, et depuis peu je fais également des montages photo, mon nouveau petit kiff !

Il faut aussi garder à l’esprit que mon projet – professionnel pour le coup – n’est pas de devenir peintre, mais d’illustrer des supports de communication. En plus de me sortir des images de la tête, ça m’oblige à me creuser un peu les méninges pour donner quelque chose de pertinent, et ça me plaît beaucoup.

Du reste, je continue de créer pour le plaisir de créer, c’est ce que je fais depuis un peu plus de vingt ans, mais je pense avoir trouvé une voie pour lier l’utile à l’agréable.

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LG : Merci Mégane, ton témoignage nous a ému, et j’espère qu’il saura émouvoir les lecteurs qui ont eu le courage de lire jusqu’à la fin de cet article. Par ton engagement, tu as su salir le mur blanc de ta vie à grands coups de pinceaux, et je t’en félicite (plus que je ne me félicite pour cette métaphore assez bancale). Mais ne nous mélangeons pas les pinceaux, merci de nous avoir brossé le tableau de la joie de la création et des doutes que tout un chacun peut rencontrer face à une quelconque prise de risques.

A tous, j’adresse juste un mot : Osez !