Rase Campagne #1 – Marine Le Pen

La chronique Rase Campagne revient chaque lundi sur le programme des candidats aux élections présidentielles de 2017. Découvrez ainsi, cette semaine, un panorama des propositions de Marine Le Pen, candidate du Front National.

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Marine Le Pen et son logo de campagne. (crédits: Francesoir)

Fille du fameux Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National, le parti d’extrême-droite, Marine Le Pen n’était pourtant pas destinée à suivre la même carrière que son père, mais plutôt au monde juridique, puisqu’elle dispose d’une maîtrise et d’un DEA en droit pénal. C’est en 2011, après plusieurs incursions en politique – en 2002, une candidature aux élections législatives du Nord-Pas-de-Calais et en 2004, un mandat de députée européenne – qu’elle se fraye pour de bon un chemin dans la jungle FN, en étant élue Présidente du FN devant Bruno Gollnisch.

Le FN est alors étiré entre plusieurs visions, que Marine Le Pen tentera de rassembler en optant pour une stratégie de dédiabolisation qui vise, à terme, à débarrasser le parti de ses membres les plus radicaux, afin qu’il n’apparaisse plus, aux yeux du public, comme le groupuscule violent, raciste et xénophobe qu’avait engendré son père avant elle. Cette méthode rencontre un certain succès, puisqu’elle réalise en 2012 le meilleur score du Front National aux élections présidentielles – mieux, même, que son propre père dix ans plus tôt: 17.9% des voix et une troisième place prometteuse.

Elle s’entoure alors d’un conseil stratégique constitués d’élus FN (David Rachline, Florian Philippot, Marion Maréchal-Le Pen) qui lui permettent d’assurer une meilleure emprise sur le paysage politique français, notamment sur la scène législative et européenne. Marine Le Pen elle-même est désignée conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais en 2010, et occupe aujourd’hui toujours ce poste, en plus de celui de députée européenne.

En course pour les élections présidentielles de 2017, comme elle l’a annoncé le 8 février 2016, elle tenait, ce dimanche 5 février, un meeting au Palais des Congrès à Lyon. L’occasion de passer en revue quelques points de son programme:

  • Abrogation de la Loi Travail
  • Hausse des retraites pour les travailleurs
  • Instauration d’un service militaire de trois mois pour garçons et filles
  • Promouvoir l’économie locale, par une taxe de 3% sur les importations
  • Réforme des traités européens ou référendum pour quitter l’Union Européenne
  • Octroyer 2% du PIB à la défense nationale
  • Réduction du nombre de députés et de sénateurs
  • Délais de carence pour les étranges pour l’accès gratuit aux soins et à l’éducation
  • Consacrer 50% du temps scolaire à l’apprentissage du français
  • Priorité aux Petites et Moyennes Entreprises françaises dans l’octroie des marchés publics
  • Promotion du nucléaire en tant que source principale d’énergie
  • Limitation de l’immigration et contrôle aux frontières
  • Sortie de l’OTAN
  • Rétablissement d’une monnaie nationale
  • Établissement d’une « prime de pouvoir d’achat »
  • Référendum sur la peine de mort
  • Limiter l’évasion fiscale

Ce meeting était également l’occasion, pour Marine Le Pen, de faire le point sur les valeurs qu’elle souhaite promulguer. Le repli que certains points sous-entendent (privilégier l’économie locale, rétablir une monnaie nationale, limiter l’immigration, sortir de l’Union Européenne) est traduit comme un moyen de rassembler les français, de sauver la culture française de tout cosmopolitisme. Elle se dresse d’ailleurs contre la mondialisation sous toutes ses formes: culturelle donc, mais également économique (chasse à l’évasion fiscale). S’il n’avait pas failli sur ce point, Marine Le Pen aurait probablement repris le discours du Bourget de François Hollande, où il déclara: « Mon principal ennemi, c’est la finance. »

Marine Le Pen place le patriotisme au centre de son programme, de ses idées, de son parti. Elle souhaite ainsi stimuler l’apprentissage du français à l’école, pour faire renaître un amour de la culture française. On retrouve d’ailleurs cette idée du patriotisme dans la majorité des propositions de Marine Le Pen, à des degrés différents: l’instauration d’un service militaire de trois ans, la priorité aux PME françaises, etc. L’idée majeure est de rendre au peuple son pouvoir, sa force, et en cela Marine Le Pen se pose comme l’atout principal de ce dernier pour contrer un système qui tourne (trop, selon ses dires) autour de l’argent, et pas assez autour du peuple. Cette pierre angulaire de son programme se retrouve d’ailleurs dans son slogan de campagne: « Au Nom du Peuple », même si elle fait encore aujourd’hui l’objet de critiques, notamment dues à au remboursement de 300 000 euros imposé par le Parlement Européen, suite à des détournements de fonds orchestrés en faveur du Front National.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Marine Le Pen, ou suivre l’actualité de son parti, rendez-vous sur son site officiel, ou bien sur Youtube, où Florian Philippot a récemment ouvert une chaîne Youtube dédiée à la campagne.

Lundi prochaine, Rase Campagne reviendra sur le programme de François Asselineau, candidat de l’Union Populaire Républicaine.