Rase Campagne #7 – Benoît Hamon

La chronique Rase Campagne revient chaque lundi sur le programme des candidats aux élections présidentielles de 2017. Découvrez ainsi, cette semaine, un panorama des propositions de Benoît Hamon, candidat du Parti Socialiste.

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Quand tu te fais beau pour la photo de classe. (crédits: gala.fr)

Né en 1967 d’un père ingénieur et d’une mère secrétaire, Benoît Hamon vit une scolarité partagée entre la Bretagne de Brest et le Sénégal de Dakar. Une fois sa licence d’histoire obtenue, en 1991, il est engagé comme attaché parlementaire d’un député PS (Parti Socialiste) et participe à de nombreuses manifestations étudiantes. Il adhère d’ailleurs à l’UNEF dans les années 80.

On lui octroie alors la direction du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) et participe, dans les années 90, à développer le mouvement en France. Il aide également à promouvoir Nouvelle Gauche, le courant frondeur qui souhaite renouveler le Parti Socialiste, notamment après les accusations envers François Mitterrand, soupçonné d’avoir eu des affinités vichystes pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans l’intervalle, il enchaîne les postes minimes au sein du Parti: conseiller technique chargé de l’emploi des jeunes au Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, puis conseiller chargé des affaires politiques, et échoue à être élu député en 1997. En 2001, il devient directeur du planning stratégique de l’institut de sondages Ipsos, puis conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge, en Essonne, jusqu’en 2008.

De 2004 à 2009, il est élu député européen, et est alors confronté aux affaires économiques et monétaires européennes. Après avoir été porte-parole du Parti Socialiste pendant les élections législatives de 2007, et échoué à être réélu député européen, il revient à la vie professionnelle, en devenant notamment consultant au Fil, un organisme d’analyse de l’opinion, puis professeur des universités à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris-VIII.

En 2012, Benoît Hamon est appelé au gouvernement Ayrault comme ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire au Ministère de l’Économie et fait voter une loi développant les mutuelles, les associations et les coopératives: la loi Hamon. Une réussite, qui lui permet d’être nommé Ministre de l’Éducation Nationale. Il ne reste cependant en poste que quelques mois, suite à des prises de position contraires à la ligne politique du gouvernement. Il récupère donc un poste de député en 2014, avec lequel il s’opposera (en vain) à la loi Macron et à la déchéance de nationalité, et portera l’initiative d’une résolution de reconnaissance de l’État de Palestine.

Déterminé à tourner la page d’un quinquennat abondamment critiqué, Benoît Hamon décide alors de se présenter à la primaire de la gauche, à laquelle il est élu face à Manuel Valls, incarnant, pour les frondeurs du Parti Socialiste, l’espoir d’un renouveau de la gauche qu’il tente d’exprimer dans son programme:

  • Porter le budget de la recherche et du développement à 3% du PIB
  • Développer l’accès au haut-débit sur l’entièreté du territoire
  • Donner la priorité au Made In France
  • Faciliter l’accès aux financements pour les Petites et Moyennes Entreprises
  • Taxer les robots (qui remplacent les ouvriers)
  • Augmenter le SMIC et les minima sociaux
  • Créer un Revenu Universel d’Existence (749€ pour un étudiant qui travaille un jour par semaine, 973€ pour un agriculteur ou une assistance maternelle qui perçoit 50% du SMIC, etc.)
  • Abroger la Loi Travail
  • Réformer le Régime Social des Indépendants
  • Garantir 50% de repas bios et issus des circuits courts dans la restauration collective
  • Porter à 50% la part des énergies renouvelables d’ici 2025
  • Mettre en place un 49-3 citoyen
  • Reconnaître le vote blanc
  • Mettre en place une conférence pour une 6e République
  • Lutter contre le sexisme, les violences faites aux femmes et réduire les inégalités salariales
  • Faciliter la scolarisation des handicapés et augmenter l’allocation handicapée
  • Soutenir le sport à l’école et en entreprise
  • Légaliser le cannabis pour les majeurs
  • Lancer un nouveau Plan Cancer
  • Créer 9 000 postes supplémentaires dans la police
  • Construire 150 000 logements sociaux par an
  • Lutter contre l’évasion fiscale
  • Porter à 1% du PIB le budget de la Culture
  • Créer un corps de contrôle anti-discriminations
  • Investir 1 000 milliards d’euros pour la transition écologique à l’échelle de l’Union Européenne
  • Octroyer 2% du PIB au budget de la Défense
  • Reconnaître l’État Palestinien
  • Collaborer avec l’Union Européenne aux niveaux écologique, militaire et économique.

Une chose caractérise particulièrement le parcours de Benoît Hamon: une volonté perpétuelle de renouveler une gauche souvent malmenée, et de l’amener vers un idéal résolument socialiste, solidaire. Son passage au Ministère de l’Économie ou au Ministère de l’Éducation Nationale, et notamment les mesures qu’il y a prises, tendent en tout cas dans ce sens.

Après le quinquennat de François Hollande, Président issu du Parti Socialiste, et la dérive progressive des valeurs portées par la gauche au gouvernement, Benoît Hamon met, dans son programme, l’accent sur un retour à des principes de solidarité, d’entraide. Sa mesure-phare, le Revenu Universel d’Existence, qui fait couler beaucoup d’encre, se veut en effet salvateur pour les Français qui vivent de façon précaire, et/ou qui sont au chômage.

Il y a, chez Benoît Hamon, le souci d’écouter toutes et tous, visible à travers de nombreuses mesures: reconnaissance de l’État Palestinien, scolarisation des handicapés, lutte contre le sexisme et les violences contre les femmes, 49-3 citoyen, reconnaissance du vote blanc, etc. En privilégiant le Made In France et les circuits courts et en proposant une augmentation du SMIC et un Revenu Universel, Hamon se montre également lucide sur les questions écologiques, et porte un projet: celui de redonner un souffle aux Français, une marge de manœuvre financière, qu’ils pourraient mettre à profit culturellement et économiquement, puisqu’ils permettraient de relancer, petit à petit, l’économie locale. Celui, également, de redonner un espoir en la solidarité, en le respect, en notre pays.

En quelques mots, celui, enfin, de faire battre le cœur de la France.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur Benoît Hamon et le Parti Socialiste, rendez-vous sur son site officiel ou sur son interview kebab.