« Je fais tout avec passion car j’ai peur de l’échec »

Cette année, La Giclée a décidé de mettre en avant des jeunes ambitieux et inspirants, à travers une série de portraits. Valoriser des personnes lambda mais pas si ordinaires: tel est le but de ses rencontres. De quoi vous donner, on l’espère, l’envie de vous lancer, vous aussi, et d’assumer pleinement vos rêves et vos projets.

Rencontre #1: Eniola, perpétuelle créative 

Eniola Telly a 22 ans et vit à Lyon depuis quatre ans. Cette jeune femme ne passe pas inaperçu avec son look haut en couleur. Férue de mode, elle arbore des tenues originales qui reflètent ses humeurs et mettent en valeur son mètre-quatre-vingt. « Mon look me sert à exprimer la facette de moi que j’ai envie de présenter au monde ce jour-là », explique-t-elle.

Avant de faire ses premiers pas dans la métropole, la jeune Ivoirienne a longtemps vécu à Abidjan, ville où elle est née. Là-bas, elle réside chez sa tante, propriétaire d’un salon de couture et crée un premier contact avec le monde de la mode. En effet, elle découvre, grâce à elle, le processus de création des vêtements et le lien qui découle ensuite avec les clients. Quelques années plus tard, elle quitte son pays pour rejoindre son père à Paris, elle est alors âgée de neuf ans. Une fois dans la capitale, Eniola suit un parcours scolaire français ce qui lui permettra ensuite d’intégrer un lycée privé français à Abidjan. A treize ans, elle part en vacances en Côte-d’Ivoire. Affectionnant particulièrement ce pays, elle n’a alors qu’une idée en tête : repartir vivre là-bas.  Peu de temps après son retour, elle connait la crise ivoirienne qui frappe entre 2010 et 2011. Les affrontements font partie de son quotidien, parfois les cours sont annulés pour des raisons de sécurité. « J’ai connu la guerre et les armes tous les matins ». Pourtant, elle refuse de retourner à Paris malgré la proposition de son père, resté en France.  Une fois le baccalauréat obtenu, la jeune femme s’envole pour Lyon où elle commence à étudier l’information-communication à l’Université Lyon 2.

Eniola 1

Une femme investie

A cet instant, elle espère devenir journaliste et s’engage même pour Le Lumière, média étudiant, pour lequel elle devient directrice de communication. Elle adhère également à La Fabrique, une association qui a pour but d’améliorer la vie étudiante. « Je fais tout avec passion car j’ai peur de l’échec », se confie Eniola, ce qui lui vaut une détermination sans faille. La jeune femme, déjà sur tous les fronts, travaille en parallèle dans une enseigne de prêt-à-porter. En troisième année, son avenir professionnel se dessine un peu plus puisqu’elle comprend que le journalisme ne lui correspond pas vraiment et découvre l’existence du Master Mode et Communication que propose l’Université.

Désormais intégrée à la formation qu’elle convoitait, elle se lance à côté dans l’évènementiel. Durant l’été 2017, elle a créé l’agence créative Ayeni avec une amie. A travers ce cabinet, elles souhaitent offrir un soutien et un encadrement à de jeunes créatifs afrodescendants, notamment en leurs proposant des services de communication et en les aidant dans la création de contenus. Le but étant que de jeunes talents puissent développer leur plateforme grâce à leur accompagnement.   « Cette année on s’est donné pour buts de faire peu mais de faire bien, on a des événements de prévus mais plutôt pour la fin de l’année », précise-t-elle. En attendant, Eniola est sur le point d’obtenir le statut d’étudiant entrepreneur afin de se consacrer totalement à ce projet. La jeune femme a également co-fondé, SAPÉÉ, dont elle est aujourd’hui la présidente. Cette association culturelle valorise et partage les cultures, les modes de vie et les styles vestimentaires des étudiants afropéens (afro-européens) de Lyon 2. L’idée est de réunir, au sein d’une communauté, des étudiants afro, de partager leurs expériences de vie, leurs passions et surtout de créer ensemble tout type de projet. Une vie à cent à l’heure qui lui permet de s’affirmer et d’exprimer toute sa créativité.

Et pour la suite ?

Après son Master, Eniola souhaite retourner vivre en Afrique, mais n’est pas encore décidée sur le pays. Elle souhaite y développer sa propre agence créative. « Mais d’abord, il faut que je sois sûre de faire quelque chose de bien et de vrai », assure-t-elle. Ce qui est certain, c’est qu’elle a encore plein de projets en tête.

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