Ballon d’or 2018 : le braquage croate

Luka Modric est devenu le 63e ballon d’or, ce lundi soir, au nez et à la barbe des Griezmann, Varane et Ronaldo. Un choix douteux et difficilement justifiable.

C’est le ballon d’or de l’étrange, celui d’une nouvelle ère, l’après Ronaldo-Messi qui se sont partagés les dix derniers prix. Mais c’est aussi celui qui dérange puisque son lauréat est Luka Modric.

Loin de moi l’idée de critiquer son talent et son importance: il est l’un des meilleurs milieux de terrain et fait partie de ces joueurs de classe internationale. Mais pour marquer la cassure entre la fin du partage de CR7 et du génie argentin, il fallait taper fort et briser la logique habituelle. Terminée la mise en avant des statistiques, cette année, c’était le couronnement du beau football, du jeu. Car Luka Modric affiche des statistiques faméliques comparées à ses prédécesseurs; logique, pour un milieu relayeur.
Non, le lauréat de cette édition 2018 l’a emporté pour son impact, son emprise qu’il a sur le jeu de ses équipes du Real Madrid et de Croatie. Son duo avec Toni Kroos a formé la paire la plus performante et la plus séduisante du monde (pendant 6 mois du moins).

Mais lorsqu’il faut sauver une action de but, c’est sur Sergio Ramos et Raphaël Varane que Luka Modric compte. Lorsqu’il faut inscrire un penalty pour passer en 1/2 finale de Ligue des Champions, c’est Cristiano Ronaldo qui catapulte le ballon en pleine lucarne, pas Luka Modric.
C’est cela qui rend le sacre du Croate contestable, il régule le jeu de son équipe, le fluidifie, avec son comparse allemand, mais ce n’est pas lui qui fait basculer l’issue d’une rencontre.

Près de lui pourtant, Raphaël Varane (seulement 7e) est devenu l’alter-ego de celui qui est le meilleur défenseur du monde depuis plusieurs années, Sergio Ramos. Le défenseur français a survolé la Coupe du Monde, débloquant la situation contre l’Uruguay et irritant tous ses adversaires directs en Russie. Lui aussi a gagné la Ligue des Champions et a même rajouté le trophée ultime, il a tout eu en 2018 et ce lundi soir, il n’a rien. Même pas un Top 5.

Comment ne pas s’arrêter sur l’année 2018 d’Antoine Griezmann, arrivé lessivé cet été en Russie après une saison 2017-2018 harassante qui l’a vu triompher en finale de Coupe d’Europe ? La petite, certes mais sa prestation majuscule contre l’OM pour offrir ce trophée à l’Atlético Madrid tend au respect. Et que dire de sa Coupe du Monde ? En difficulté pendant la phase de poules, Grizi est monté crescendo pour mener son équipe au sacre. Car oui, Antoine Griezmann a eu un vrai impact sur les résultats de l’Equipe de France qu’il a mené à la victoire. 4 buts marqués pour 2 passes décisives. Sur ces 4 pions dont 3 penaltys. Est-ce que cela minimise ces réalisations ? Certainement pas. Peu de personnes sur cette Terre peuvent supporter le poids, l’attente et tout ce qui caractérise un penalty, en finale de Coupe du Monde, pour permettre à son équipe de mener 2-1.
Cela semblait être l’année ou jamais pour Antoine Griezmann; il se contentera du trophée Jules Rimet.

Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ont été dans leurs standards, à coup de buts et de passes décisives mais ils ont échoué en Coupe du monde (tous deux éliminés en 1/8). Ils ont payé la faiblesse de leurs sélections respectives malgré les trois titres de la Pulga avec le Barça et l’importance incommensurable de CR7 dans l’obtention de la coupe aux grandes oreilles.

Seulement voilà, cette année, l’édition 2018 se devait d’être une frustrante, elle l’a été.
Tant pis pour nos Français.