Ça signifie quoi « être quelqu’un » ?

L’idée « d’être quelqu’un, ou devenir quelqu’un » est un fait social ancien qui se construit a priori autour de l’imaginaire collectif. Il s’apparente à un mythe que chacun tend à rendre réel en fonction de différents facteurs (passions pour un.e personne/personnage, l’art, le sport, métier…). C’est avec parcimonie que l’on peut prendre les différents sens d’être quelqu’un : être quelqu’un d’important, être quelqu’un sur qui on peut compter, ou encore être une personne connue.

Il est intéressant d’analyser le sens de ces mots afin de savoir si « être quelqu’un » est une réalité, un mythe accessible. Ou vérifier plutôt si c’est une mystification du meilleur de l’être humain – faussement représentée-. Enfin peut-être n’est-ce qu’une illusion, puisque l’esprit serait socialement condamné à rêver à cause de ce que produit la société.

Souvent, vouloir être quelqu’un, c’est vouloir ressembler à une personne que nous avons en tête. Que ce soit une personne que l’on connaît qui a réussi sa vie, en étant chef d’entreprise et qui peut changer de Porsche et de Rolex régulièrement, ou une célébrité internationale partie de nulle part et qui maintenant a accompli le rêve de sa vie type rêve américain, (les gens aiment ce type de storytellings), ou alors l’homme le plus respecté au monde grâce à sa carrure charismatique, son habileté, sa force physique et sa hargne. Autant de profils que la majorité des personnes envient, donc pas étonnant s’ils souhaitent à leur tour être « quelqu’un ». Entre autres, vouloir être quelqu’un, c’est se donner les moyens pour réussir, c’est ne pas baisser les bras, c’est faire preuve de force et considérer chaque échec comme une chance de pouvoir réussir à nouveau. Pour être quelqu’un il faut faire une introspection, connaître ses faiblesses et ses qualités, et exploiter ce deuxième point vous aidera à combattre votre fragilité pour réussir à entreprendre ce que vous commencez. Un objectif : rester fort intérieurement et mettre tous les outils en votre faveur. Mais ne cherchez pas à ressembler à une personne en particulier, car le parcours d’untel ou une telle sera forcément différent du vôtre et vous ne pourrez pas copier ses difficultés et son succès. En revanche, vous pouvez vous inspirer de sa détermination.

Etre quelqu’un, c’est aussi avoir besoin de reconnaissance et là nous pouvons faire référence à la pyramide de Maslow, avec ces trois derniers critères : besoin d’appartenance et d’amour, besoin d’estime (la confiance, le respect de soi, de reconnaissance et d’appréciation des autres, mais aussi le besoin d’accomplissement de soi). Etre quelqu’un, c’est vouloir que les autres nous aiment: on recherche l’affection des autres comme cette idée de selfie que l’on poste sur les réseaux sociaux à et à travers ces nombreux likes nous devenons quelqu’un et sans cela nous ne sommes « rien », juste une personne lambda. L’affection des autres contribue à valoriser notre image et flatte notre ego. Au travail, nous avons besoin de reconnaissance, car si les autres ne reconnaissent pas notre travail fourni, nous avons tendance à penser que tout ce travail n’est rien, bien que nous ayons pertinemment conscience du temps que nous y avons consacré, de la qualité du travail émis mais malgré ça, nous nous attendons à être valorisé. Et à travers ces différents critères, on peut prétendre à atteindre l’accomplissement de soi à travers des rêves à surmonter: écrire un livre, créer une entreprise, atteindre le sommet du Mont Blanc, faire le tour de la Terre.

Mais en réalité, tout ceci n’est que le fruit de notre société, c’est l’influence sociétale, avec les normes que l’on nous rabâche et qui nous amène à penser que pour exister, il faut être quelqu’un. Et ce quelqu’un se construit à travers tout ce que je vous ai écrit dans cet article. Nous pensons être libres de faire ce que l’on veut, libres d’agir, d’être quelqu’un, mais en réalité nous faisons ce que notre société veut que l’on fasse: nous sommes clairement conditionnés. Et je rejoins l’idée de Bourdieu avec le déterminisme. Nous sommes pleinement dans un système normalisé où nous devons rentrer dans des cases, et même lorsque nous essayons de les briser nous reproduisons à l’identique ce que d’autres font. Nous vivons avec des contraintes et des filtres et être quelqu’un n’est que la définition d’être quelqu’un de normal, un stéréotype même d’une personne qui a réussi sa vie. Mais nous devons avant tout nous consacrer à ce que nous nous voulons être, et ce, même si nous échouons. Il ne faut pas avoir honte de qui nous sommes et de qui nous voulons être tant que cela ne nuit pas aux autres. Peu importe si les autres personnes ne vous comprennent pas, tant que ce que vous faites a un sens à vos yeux, sachez que vous êtes quelqu’un et si vous n’existez pas aux yeux de la majorité, vous le faites pour vous et peut-être sans le savoir pour d’autres, malgré vous.

Et si cet article ne vous suffit pas pour savoir ce que signifie être quelqu’un, comme le dit un célèbre penseur du XXIème siècle dans sa chanson Jaloux de Dadju : « Bébé t’es le mien, t’es la femme de quelqu’un », à réfléchir: mais qui est donc Dadju ?